Le blog de Laurène : que la montagne est belle !

Les comptes-rendus de mes sorties en montagne, des Pyrénées aux Alpes, à vélo, à pied ou à ski.

18 février 2006

Raid en Slovénie : le récit

Comme promis, voici le récit du raid à ski en Slovénie. Je me suis inspiré du journal écrit par les participants (en fait Joël, Patrice, Carine et moi) mais je n'ai pas mis le texte brut, car c'était plein de private jokes et autres anectodes que seuls les raideurs de Slovénie peuvent comprendre... Bonne lecture !

Samedi 4 février : Grenoble à Petrovo Brdo (Slovénie)

RDV ce matin à l’AS CEA à 5h. Tout le monde est là sauf Nicolas qui s’est trompé d’heure de réveil… ça commence bien ! Donc on passe le prendre chez lui vers 5h30.

Tout le monde ça veut dire : Thierry, Bernadette, Nicolas, Philippe (mon ex futur chef pour la thèse !!), qui sont les 4 à faire la traversée des Alpes pendant deux mois et demi, plus Frédérique, qui fait aussi une bonne partie de la traversée, Carine, Joël, Patrice et moi.

Ensuite, départ direction la Maurienne, l’Italie puis la Slovénie.

On fait quelques détours dans Saint Martin d’Hères et Meylan afin de trouver un marchant de journaux ouvert à cette heure matinale : il y a un article dans le Daubé sur la traversée des Alpes à ski par Thierry, Nicolas, Philippe et Bernadette. Je crois que j’ai dormi pendant toute la Maurienne et le petit café italien, bien strong de l’autre côté du Fréjus me réveille un peu. On descend toute la plaine du Pô plus ou moins dans le brouillard, on passe tout près de Venise, et on arrive à Nova Gorica à la frontière slovène en fin d’après midi (ville frontière : Gorizia côté italien, Nova Gorica côté slovène). On est censé laisser le minibus là, et faire une heure de train vers l’intérieur de la Slovénie pour rallier notre gîte de ce soir. Donc déchargement du minibus… et là c’est le drame… on ne trouve que 8 paires de skis alors que nous sommes 9… Bernadette a oublié ses skis à Grenoble… énorme !!! On a 1h devant nous avant le départ du train pour trouver une solution… Thierry et Bernadette partent donc à la recherche d’une paire de skis de rando à louer, ou acheter, mais sans succès : ils reviennent une heure plus tard avec des raquettes. Entre temps on a loupé notre train, donc on recharge le minibus, et on va au gîte en voiture finalement. Bon dîner sur fond de musique slovène, accompagné de bières slovènes excellentes. On joint par téléphone des slovènes qui doivent skier avec nous demain, et on leur explique notre problème de skis… ils sont morts de rire… il y a de quoi… partir pour 2 mois et demi de ski de rando sans ses skis, c’est quand même énorme ! Ils vont peut être pouvoir arranger les choses.

Dimanche 5 février : Petrovo Brdo à Bohinj

Ce matin réveil à 7h moins le quart. Cinq slovènes nous rejoignent pour l’étape d’aujourd’hui, la première !

-         Majda et 3 amis : Franz, Lidija et Irina… et super, ils arrivent avec une paire de ski en rab, prêtée à Bernadette pour la semaine.

-         Plus notre ami alcoolique (appelons le pivo, parce que pivo = bière en slovène) rencontré hier soir au gîte à Petrovo Brdo.

Départ vers 8h30 après une petite séance photo. Déjà les slovènes tracent devant alors que nous montons plus tranquillement. Montée dans une chouette forêt, puis traversée ascendente dans des pentes sud, toujours en forêt, coupée par de nombreuses anciennes coulées. Et lors d’un passage un peu délicat où il fallait déchausser, qui a perdu son ski dans le ravin ? Thierry. Merci à Irina qui est aller le chercher. Un peu galère, mais on fini par arriver au col (environ 500 m de déniv). Les slovènes ne nous laissent pas beaucoup de temps pour souffler et dépeauter : on entame rapidement la descente vers la station coté Nord (NW ?). A une patte d’oie, on a le choix : repeauter et remonter vers la crête ou descendre vers la station et remonter en télésiège s’il est ouvert (y’a pas de contrôle). Pivo part en éclaireur voir s’il marche. Nous on se dit que pendant ce temps là on peut faire une pause bouffe… mais à peine 5 minutes plus tard, coup de téléphone pour dire que c’est OK, so… on remballe le pique-nique, et let’s go ! On remonte donc quelques 300 m en télésiège et on bascule de l’autre coté pour une petite descente en forêt. Ensuite on repeaute pour de bon. Ici Pivo nous quitte et retourne à Petrovo Brdo. Quelle caisse il avait, malgré les bières enquillées la veille ! Traversée au dessus d’un petit lac, puis longue traversée d’une grande pente N qui inspire moyennement. On s’espace et tout le monde passe. Cette traversée nous amène à un joli petit couloir que certains remontent à ski, d’autres à pied. Ca serait joli à skier. Arrivés en haut à un petit col, les slovènes sont déjà partis en traversée en face. Là c’est ambiance haute montagne et tout le monde sort les crampons qui étaient bien rangés au fond du sac… on ne pensait pas les sortir dès le 1er jour !! Donc skis sur le sac et crampons au pieds on y va et on rejoint les slovènes au petit col suivant. Enfin « on » c’est plutôt au compte goutte : en fait certains ont des problèmes de crampons mal réglés (Joël !) alors que la caisse à outils est loin devant, malin ! Thierry aussi : avec deux crampons gauches, ça marche moins bien ! Donc on attend tout le monde au col où un petit vent sympathique nous refroidit bien. Les slovènes nous suggèrent un retour par là où l’on vient parce que poursuivre serait un peu ambitieux vu notre rapidité et l’horaire déjà tardif (faut pas oublier qu’on est bien à l’Est, pour la même heure qu’en France). Donc rangeage des crampons, chaussage des skis, et GO ! Finalement on le descend, notre joli couloir, et c’est bien sympa. En dessous ça devient un peu crouté mais toujours skiable. Irina est toujours devant et est impressionnante à ski. Même Nicolas n’en revient pas et hésite à la suivre, c’est dire ! Franz n’est pas mal non plus dans le genre. On revient sur les pistes au départ du télésiège et là comme d’hab’ : GO ! on enquille sur la piste direction le bar de la station : on s’y pose pendant que Nicolas part chercher le minibus avec Lidija et Irina. Là les « Prost » s’enchaînent : la bière fait du bien après cette bonne 1ère journée.

Bilan : beau temps, froid, 1000 m de D+, 17km environ, et des slovènes qui avancent !

Lundi 6 février : Dom Savica (670 m) à Dom Na Komni (1520 m), 5 km

Réveil à 7h et quart et petit déjeuner super copieux : charcuterie, fromage, céréales, yaourts, pommes… ça va être comme ça toute la semaine, le petit déj slovène, ça nourrit bien !

Aujourd’hui c’est assez tranquille : à peine 900 m de montée en refuge (gardé). On se fait amener au départ qui est à 8 km de notre gîte. En fait on y va en minibus, puis Thierry et Patrice vont faire une manip’ de voiture avec le patron du gîte pour poser le minibus pas loin de notre arrivée en fin de semaine, et ils monteront plus tard, dans l’après midi. Juste en sortant du parking, Thierry, notre chauffeur (chauffard ?) du moment prend son virage un peu trop à la corde et enfonce un peu de tôle (du minibus ; le mur de glace, lui, n'a rien eu)… ah là là… il ne se passe pas une journée sans connerie… je me marre bien. Au départ de la montée, on croise un skieur slovène qui vient de descendre, et il a pété une fixasse dans la descente, parce que la neige était béton. Il nous conseille donc de monter à pied, et mettant skis et sacs (ou une partie) dans le monte-charge qui arrive direct au refuge. Donc montée tranquille à pied, sacs léger, sur un chemin super bien tracée… enfin on a quand même un peu erré au départ en raison de panneaux légèrement contradictoires… En fait ça serait très bien passé à ski, on s’est emmerdé à monter à pied pour rien. J’accélère un peu sur les dernier 300 mètres, parce que sinon, j’ai l’impression de me traîner et je vais arriver au refuge sans m’être un minimum fatigué… Pique nique sur la terrasse du refuge. Puis on serait bien aller skier l’aprèm, mais le problème, c’est qu’il n’y a pas de sommet intéressant à proximité… on est sur un grand plat, plein de bosses  et de creux, typique d’un plateau calcaire… donc on abandonne finalement cette idée, et c’est partie pour la sieste ! On n’est pas les seuls au refuge : il y a un groupe d’espagnols avec des guides slovènes, à ce que j’ai compris. D’ailleurs ceux-ci nous déconseillent l’itinéraire qu’on avait présenti pour demain… dommage, car ça promettait d’être beau, et en plus ça va nous faire de la marche à pied sur la route pour atteindre le gîte de demain soir (plus de 15 bornes en théorie). Du coup, Majda, la slovène qui nous accompagne, téléphone à des amis d’amis d’amis… pour essayer de nous trouver un véhicule et nous épargner 4h de torture demain soir. C’est pas gagné, on verra bien… demain ça va être un peu l’aventure.

Mardi 7 février : Dom Na Komni à Trenta

Départ : 8h, arrivée : 19h

D+ : 750 m

Distance : 15 km

L’itinéraire prévu par Thierry (Dolina, Jezer, Cez Dol) a été abandonné à cause des risques d’avalanche. L’objectif est de rejoindre la route à mi-distance entre Trenta et Bovec. Et de là, remonter, par on ne sait quel moyen, jusqu'à Trenta. Petit déjeuner à 7h, et magnifique lever de soleil, mais c’est bien connu : « rouge le matin, chagrin ». Donc Thierry nous remue un peu, parce qu’aujourd’hui il y a de la distance et qu’on a des chances de se prendre la pluie sur la gueule dan l’après midi. On part donc plein Ouest, vers le col Vracta (1803 m). Là on répère le col suivant derrière lequel on descendra dans la vallée. Courte descente avant d’y remonter, et seul Nicolas dépeaute (ça lui a valu un ongle, pour 3 ou 4 virages seulement…). Remontée sur de la neige de plus en plus dure, et on sort les couteaux pour atteindre le sommet de la journée : le Baba (2016 m). Finalement il ne fait pas si mauvais que cela, et on prend le temps d’un bon pique nique au sommet. Belle vue sur le massif du Triglav. Pour la descente qui suit, il y a plusieurs petits cols qui permettent de basculer côté Nord, mais certains sont cornichés ou pauvres en neige versant Nord. Courte descente, puis traversée à flanc pour ne pas perdre de dénivelé : on entre dans une zone de lapiaz, donc relief très tourmenté. Ce n’est donc pas du grand ski, et on est même obligé de repauter deux fois (ou de porter les skis pour les flemmards comme moi). Heureusement que le temps est meilleur que prévu, parce que l’endroit est vraiment paumatoire. On a quand même perdu du temps dans cette affaire. On rejoint la forêt, qui est bien sympa à skier au début, celle-ci n’étant pas trop dense et la neige étant restée assez légère. Il nous faut retrouver le chemin d’été avant la côte 1050, parce qu’ensuite il y a des barres assez importantes. Nicolas nous y mène sans trop de problème, et à partir de là, c’en est fini pour le ski. Le chemin est étroit, et pas vraiment skiable. Descente assez pénible dans la neige molle, et bientôt dans le noir (la nuit tombe à 17h30). On fini par retrouver la route, en partie grâce aux phares d’une voiture qui passait par là alors même qu’on était dans un moment de doute quant à la direction à prendre. Après quelques centaines de mètres à pied, on rencontre deux voitures qui s’arrêtent pour nous. Ce sont les amis d’amis… que Majda a réussi à contacter. Il est 19h, on évite ainsi nos 4h de marche pour rallier le gîte !!! Merci à tous ces slovènes, super sympas, qui nous ont aidés pendant toute la semaine. 

Super bon dîner dans une ferme écologique, mais mes yeux se ferment tous seuls… on n’a pas fait de grand ski aujourd’hui, mais grosse journée quand même, avec du ski sanglier et beaucoup de distance.

Mercredi 8 février : boucle autour de Trenta

Départ : 9h30

Arrivée : 17h30

D+ : 1050 m jusqu’au col, 200 m de + pour ceux qui ont tenté le sommet.

D- : 1050 m

Distance : 14 km

Nuageux, avec soleil à la fin.

Aujourd’hui c’est un RTT (RTT = Repos, Tentative, Tempête). Mais comme dit si bien Nicolas, un RTT c’est fait pour skier. Avec les conseils de Marco (le mari de notre cuisinière de la veille), nous partons pour une boucle à la journée sous un ciel nuageux. Montée vraiment tranquille, en forêt, avec des températures assez élevées (on a même droit a un petit strip-tease de Majda). Je ne sais pas si c’est la chaleur, ou le rythme plutôt lent qu’on a pris, mais j’ai assez envie de dormir sur mes skis. Je ne suis pas la seule je crois (Thierry aussi en tout cas). Mais comme l’heure avance, on décide de couper le groupe en 2 : ceux qui continuent tranquille jusqu’au col (Cez Dol, 1632 m), et ceux qui accélèrent un peu pour tenter le sommet 400 m au dessus du col (Zadnjiški Ozebnik). Je monte donc devant avec Nicolas, Patrice, Joël, Majda et Bernadette, et trace un peu pour me réveiller. En fait cette vallée est longue, et il y a un peu de distance pour atteindre le col. Finalement seuls Nicolas et moi montons au dessus vers le sommet, mais on laisse tomber au bout de 200 m, d’une part parce que la neige est très dure et le passage un peu exposé, et d’autre part parce qu’on avait dit aux autres qu’on montait une grosse demi-heure, pour voir (on sentait venir le coup du retour à la nuit….). Descente du col versant NE, dans un décors grandiose : ce sont les contreforts du Triglav. Je ne sais pas comment est le rocher, mais ces grandes parois qui nous entourent me donnent envie de revenir l’été pour y grimper. Le couloir que l’on voit en face de nous pendant toute la descente est assez attirant aussi. Par contre la neige que l’on skie est bien bien dure, et là je me dit (pourtant c’est pas raide) : p..n, mes skis tous légers, ils accrochent rien… j’en suis revenue à faire : traversée, virage en chasse-neige, traversée, virage en chasse-neige, etc… pfff !

Ce soir, Majda nous quitte, son mari est venu la chercher, mais elle compte bien revenir après-demain matin pour finir la semaine avec nous.

Jeudi 9 février : Trenta à Bovec

Départ 8h30

Arrivée 17h30

D+ : 300 m, D- : 500 m , distance : 23 km

Beau temps, quelques nuages par ci par là, pas froid.

Aujourd’hui, étape de transition : on skie de Trenta à Bovec, soit environ 20 km de ski de fond (enfin c’est ce qu’on croyait) le long de la rivière Soča. Petit dej vers 7h30, départ 8h30. Donc ski de fond, d’abord en rive gauche, avec belle vue en arrière (on dirait le cirque de Gavarnie dixit Thierry… mouais…). De temps en temps, on passe rive droite, d’ailleurs, la 2ème fois on se rend compte qu’on est là où on croyait être lors de la 1ère traversée… ben il nous reste du chemin à faire. Sur une des passerelles, Bernadette nous gratifie d’une petite boulette, ça faisait longtemps, après le calme d’hier. Pile poil au milieu de la passerelle elle fait sauter le tendeur de l’une de ses peaux, tendeur qui tombe quelques mètres plus bas, pas dans la rivière, mais sur la rivière, heureusement gelée à cet endroit. Et Nicolas le retrouve, ouf. Philippe est chargé de bricoler cette peau et on repart. De retour rive gauche, le chemin commence à pas mal monter, ça devient autre chose que du ski de fond ! On est clairement sur un chemin d’été. Ca monte toujours et Nicolas commence à avoir quelques doutes, mais c’est bon on est simplement sur une variante. Au sommet de cette montée, un joli panneau de glace, stalactites, et autres lichens et végétation du coin nous attendent. Pour ceux qui n’avaient pas encore déchaussé, c’est le moment car la petite descente en forêt ne skie pas, loin de là. Après quelques mètres de descente on s’arrête pour attendre Joël et Bernadette dont on vient d’entendre un cri dans la montée. On les laisse se débrouiller et on profite de cette pause pour causer un peu, et là ça casse dans tous les sens : certaines personnes de l’AS CEA/ST (que je ne connais pas encore) s’en prennent plein la gueule. On rigole bien. On rigole encore plus lorsque Bernadette arrive enfin en nous expliquant qu’elle a lâché sa gourde dans la montée et qu’elle espérait que quelqu’un irait la lui chercher ! C’est Joël qui a sauvé la gourde finalement. Après cette 2ème boulette de la journée, Bernadette nous explique que cette semaine est à thème, le thème étant « les boulettes de Bernadette ». La barre est placée très haute ! On poursuit plus tranquillement, je veux dire sans péripétie marquante, si ce n’est chaussage, déchaussage, rechaussage, re-déchaussage, etc… petit passage un peu technique au dessus des barres plongeant direct dans la Soča river (cable)… rapide pause déjeuner parce qu’il reste encore de la distance, puis chaussage, déchaussage, 4 km skis sur la dos, à pied sur la route (aïe les pieds !!)… on a aussi vu des truites énormes dans la Soča… et le joli canyon qu’elle a creusé, on aurait preque envie de s’y baigner (personne n’a laissé tombé quelque chose dedans, presque étonnant… non je rigole…). Puis re-chaussage, re-déchaussage, re-marche à pied sur la route, re-chaussage, etc… Pfff on arrive finalement à Bovec skis aux pieds (ou sur le dos pour moi, j’en avais marre de mettre les skis sur le sacs, les enlever, les remettre, etc…) à la nuit tombante. On trouve un supermarché où faire quelques courses avant qu’il ne ferme à 18h, pendant que Bernadette part à la recherche de notre toit de ce soir (qui s’avère être à l’autre bout du village lequel est plutôt long). On ne sait pas si elle va revenir nous chercher, après quelques minutes d’hésitation, on décide d’aller boire une pivo, ce dont tout le monde rêvait. Par chance, on retrouve Bernadette juste à l’entrée du bar. Après la bière, elle nous conduit, non sans mal ( !) chez notre hôte qui encore une fois est super sympa et nous a préparé un petit apéro. Entre la fatigue et l’alcool, tout va bien, je commence à être un peu pétée ! Il serait temps d’aller dîner mais elle est bigrement bavarde ! Donc dîner dans un resto de Bovec (service express, serions nous arrivés trop tard encore une fois ?). Les quelques centaines de mètres à pied au retour sont un calvaire pour mes pieds, et probablement pas que les miens.

Vendredi 10 février : Bovec en Slovénie à Sella Nevea en Italie, Rifugio Julia (1162 m)

Aujourd’hui journée glande, ou presque (le RTT de la semaine finalement) : Après le petit déj, en attendant que Majda arrive, certains partent au cyber-café du coin pour essayer d’envoyer un mail, d’autres à l’office du tourisme pour faire le plein en cartes postales et autres prospectus sur la région, pendant que ceux qui restent tapent la discute avec notre hôte, ce qui occupe une bonne partie de la matinée. On est dans une station de ski et il a été décidé de prendre le télécabine, donc on n’est pas pressés. Vers 11h je crois on se fait amener au départ, un ou deux kilomètre en aval du village. On fait donc  plus de 2000 m de dénivelé en moins d’1/2h… on est trop fort !!! De là haut, magnifique vue vers le Sud et la mer Adriatique à 80 km de là. Descente par un petit morceau de piste jusqu'à la Sella Prevala (2067 m), qui est le col frontière entre la Slovénie et l’Italie. Au revoir Slovénie, je reviendrai… Descente dans un petit vallon vierge, mais plus pour longtemps : la liaison entre la station slovène Bovec, et la station italienne Sella Nevea, où l’on va, est en projet (et marquée sur les plans des pistes…). Petite remontée en télésiège (merci au perchman italien de nous avoir laissé passer). Si on s’était arraché ce matin, on aurait pu, de là, aller faire une tentative au Mont Canin, le sommet connu du coin, à 2587 m) ; je dis tentative, parce qu’il parait que la fin est en mixte ; mais aujourd’hui c’est journée loque… tant pis. Donc descente par les pistes et bord de pistes à Sella Nevea. La station est bien glauque : nous trouvons le refuge au milieux de grands hôtels et autres complexes immobiliers déserts, ça change des petits villages slovènes. Pique-nique et birra, puis expresso…, puis sieste et matage de carte pour la journée de demain. Dîner avec pasta en entrée, classique, mais pas de dessert… ça je ne savais pas…

Samedi 11 février : Sella Nevea à Tarvisio

Départ : 7h30 du refuge, 8h : chaussage

Arrivée : 17h pour un groupe, 20h pour l’autre

D+ : 2100 m pour un groupe, 1200 pour l’autre.

D’après les renseignements pris la veille, le seul passage possible pour rallier Tarvisio est la Forcella Lavinal dell’Orso, col à 2138 m). On n’est quand même pas certain que ça passe, car la carte indique derrière un couloir de 200 m à 40°, et on ne connaît pas les conditions. Bon, on y va et on verra bien suivant l’état de la neige. Le petit déj a été négocié pour 6h, et suprise quand on arrive dans la salle à manger : il fait tout noir et il n’y a personne ! On sort les frontales, pour aller visiter la cuisine et tenter de préparer un truc, mais finalement le petit jeune arrive vers 6h15 pour nous préparer notre petit déj ! A 7h, Irina et Franz (les fusées du premier jour) arrivent et leur voiture nous permet d’économiser 3 km à pied sur la route. On a déjà donné pour ce genre de chose ! On chausse donc vers 8h vers le point 975. Montée agréable en forêt puis on remonte vers l’Ouest une belle combe qui mène rapidement au col. Je n’ai pas vu cette montée passer. Le groupe était assez éparpillé, pourtant je trouve que pour une fois, on n’a pas traîné (peut être parce que nos fusées slovènes étaient avec nous, donc ça nous a mis la pression, lol). Couteaux nécessaires dans la combe. Au col, Thierry descend en crampons dans le fameux couloir que beaucoup appréhendaient et il installe une corde fixe. Je le suis en crampons, mais la corde n’est pas vraiment nécessaire… Après coup je me suis dit que j’aurais pu le skier, ce qu’a fait Nicolas, mais sur le moment j’ai préféré assurer en chaussant 50 m plus bas là où c’était un peu moins raide. En fait de 40° sur 200 m, c’était plutôt 40° sur 50 m puis 35° pour le reste. Et la neige était plutôt bonne, même si un peu croutée par endroit. Descente dans un cadre magnifique, je pense que j’ai eu un petit aperçu de ce qu’on peut trouver dans les Dolomites (mais en 1000 fois plus impresionnant). Plus bas, on passe dans un canyon, et cette descente dans un véritable boardercross naturel est assez amusante. Pique nique en bas, lorsque l’on a presque rejoint des pistes de ski de fond. Là 2 possibilités : soit descendre par les pistes de ski de fond, et rejoindre la route plus bas que Tarvisio (donc train ou bus à prendre pour remonter) soit remonter 900 m pour aller au sommet de la station de ski de piste et descendre direct à Tarvisio par les pistes. Avec Nicolas, Irina, Franz, Majda, Patrice et Carine, je remonte à la station. On attaque à 15h15, et on arrive au sommet après le coucher du soleil (magnifique encore une fois). En fait la montée s’est faite sur une route non déneigée, donc il y avait pas mal de distance alors que ça ne montait vraiment pas raide… bref, c’était long. Bonne surprise au sommet, on trouve quasiment un petit village avec de une joli ruelle et quelques boutiques et autres pubs : la bière ou le thé, ainsi que l’appfelstrudel sont bien appréciés. Ensuite, descente à la pleine lune sur les pistes de ski. Ca descend tout seul, sauf quand on croise des ratraques ainsi que les cables de tractage… j’ai glissé sur l’un d’eux, pas de mal, mais petit coup de stress quand même.

Donc pour la dernière journée, on en a bien profité : 2100 m de D+, et 2300 de D-, et un peu de fatigue à l’arrivée !

Epilogue : on a récupéré le minibus le lendemain dimanche, puis on a conduit les 4 qui restaient pour la traversée intégrale à San Candido, à l’entrée des Dolomites, avant de rentrer tranquillement sur Grenoble... sur la rocade du Turin on a bien essayé de voir la flamme olympique, mais sans succès, on la voit mieux à la télé ! Arrivée à Gre vers 23h30.

Posté par laurenedu64 à 16:26 - Ski de rando - Commentaires [3] - Permalien [#]


Commentaires

joli joli

Je retire ce que j'ai dis dans le premier commentaire (D'ailleur il a pas l'air d'etre posté ca marche pas!!), je vois que tu t'es bien arrachée pour écrire, bravo ca fait envie!! Bien sympa tout ca. Euuuh le titre de ton blog, il est pas un peu kitch? Enfin c'est vrai que Gavarnie c'est pas moche...
Ah puis comme mon premier commentaire a pas marché: je te demandais si t'avais pas ramené de Zlatorog pour la colloc?? J'en ai marre de tes Leffes!

Posté par clèm, 18 février 2006 à 22:08

alcoolique ;-)

Qoui, tu tapes mes Leffes pendant que je suis pas là !!
Pour le titre, fais des propositions...

Posté par laurène, 19 février 2006 à 15:59

location minibus

salut,
je suis étudiante à clermont ferrand et nous allons partir une semaine en slovénie en février pour notre voyage d'études. nous souhaitons louer des minibus au départ de clermont et les emmener en slovénie mais les compagnies que nous avons contactées nous ont déclaré ne pas assurer les véhicules en slovénie. connaitrais-tu une compagnie qui accepterais de louer un minibus pour ce pays?
merci d'avance

Posté par camille, 25 octobre 2008 à 19:40

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